Turquie 2023 – Elbistan
Le 6 février 2023, deux séismes majeurs frappent le sud de la Turquie.
Le premier, d’une magnitude de 7,8, survient à 4h17 (heure locale) près de Gaziantep. Sa durée exceptionnelle — près de deux minutes — combinée à une faible profondeur et à l’heure nocturne, laisse immédiatement présager des conséquences catastrophiques.
Un second séisme de magnitude 7,7 frappe quelques heures plus tard près d’Elbistan, aggravant encore les destructions dans une région déjà lourdement touchée.
Face à la demande d’aide internationale formulée par la Turquie, le GIS France et le GIS Suisse activent immédiatement une cellule de crise.
Déploiement de l’USAR GIS
L’unité USAR (Urban Search And Rescue) du GIS s’enregistre sur la plateforme internationale Virtual OSOCC des Nations Unies afin d’intégrer la coordination mondiale des secours.
Une équipe de 15 bénévoles est mobilisée :
- 2 médecins
- 2 infirmiers
- 1 spécialiste en structure bâtimentaire
- 1 maître-chien et Onyx
- 9 logisticiens secouristes spécialisés en intervention séisme
Le 7 février, l’équipe s’envole depuis Genève avec 1 500 kg de matériel de secours.
En parallèle, 450 kg de matériel médical fournis par l’association TULIPE sont acheminés depuis Paris.
Après un transit par Istanbul puis Adana, l’équipe rejoint Elbistan après cinq heures de route.
Des conditions extrêmes
Sur place, la situation est dramatique :
- 80 % des bâtiments sont endommagés
- 50 % sont totalement effondrés
- températures entre –17°C la nuit et –8°C le jour
- absence d’eau, d’électricité et de gaz
Malgré l’organisation de camps par les autorités turques, les conditions de vie restent extrêmement difficiles.
Recherche de survivants
Le GIS enchaîne les opérations de « levée de doute », à la demande des autorités et de la population.
Chaque intervention suit un protocole strict :
- recueil d’informations sur les personnes potentiellement ensevelies
- analyse structurelle du bâtiment
- sécurisation du périmètre
- passages successifs du chien de recherche
- déblaiement progressif
- utilisation de caméra et dispositifs d’écoute
Plusieurs dizaines de victimes sont localisées. Malheureusement, toutes sont décédées.
Une vie sauvée
Le 9 février, l’équipe est engagée sur un site composé de trois immeubles de six étages totalement effondrés.
Un témoin affirme avoir reçu un message d’un proche de 37 ans possiblement vivant sous les décombres.
Onyx, le chien marque immédiatement un point d’intérêt, confirmé lors d’un second passage.
Après six heures de travail et l’appui d’une pelleteuse, l’équipe parvient à établir un contact sonore très faible. Un tunnel est alors creusé sous les gravats.
Après 25 heures d’efforts continus, l’homme est extrait vivant et évacué vers l’hôpital.
Il se prénomme Mahmoud. Aux dernières nouvelles, il va bien.
Appui médical et fin de mission
En parallèle, le GIS FRANCE intervient conjointement avec l’association PHF dans un camp de 3 000 sinistrés sous coordination de l’AFAD (ministère de l’Intérieur turc).
Les besoins concernent principalement :
- pathologies chroniques
- troubles respiratoires et digestifs
- soutien psychologique
Les équipes locales étant opérationnelles, le GIS FRANCE fait don du matériel médical acheminé depuis la France.
Avec l’arrivée massive de moyens internationaux et le passage à une phase de déblaiement lourd, la mission d’urgence prend fin le 11 février 2023.
Un engagement marqué par l’essentiel
Durant cette intervention, les équipes ont affronté le froid intense, l’épuisement et des conditions extrêmement difficiles.
Mais cette mission restera marquée par une satisfaction profonde : celle d’avoir sauvé une vie.



