Pakistan 2006
Séisme au Cachemire – Mission à Muzaffarabad
Le 8 octobre 2005, un puissant séisme de magnitude 7,6 frappe la région du Cachemire, au Pakistan. L’épicentre se situe à proximité de Muzaffarabad, capitale de l’Azad Kashmir. En quelques secondes, près de la moitié des bâtiments de la ville s’effondrent. Le bilan est dramatique : environ 30 000 morts et des dizaines de milliers de blessés.
Face à l’ampleur de la catastrophe, le Groupe d’Interventions et de Secours (GIS) de Haute-Savoie et de Suisse engage deux missions successives. Les équipes interviennent pour soutenir les structures médicales locales débordées et apporter une aide sanitaire d’urgence aux populations déplacées.
🚑 Déploiement du GIS
La première équipe, dirigée par Claude Gallemand, est engagée pendant dix jours à Muzaffarabad. Une seconde équipe, conduite par Jean-Paul Bosland, prend le relais afin d’assurer la continuité de l’intervention.
Les objectifs sont clairs :
- renforcer les dispositifs médicaux existants,
- assurer des consultations d’urgence,
- participer à la prise en charge des blessés et des malades dans les camps.
🏥 Conditions sur le terrain
Muzaffarabad est une ville de montagne située à environ 1 200 mètres d’altitude, entourée de sommets culminant à 2 500 mètres. Au moment de l’intervention, les températures sont hivernales et la neige atteint parfois 1,50 mètre sur les camps de tentes.
Des milliers de familles vivent dans des abris précaires installés devant les ruines de leurs habitations. Environ 1 300 familles, soit près de 8 000 personnes, sont réparties dans 87 camps autour de la ville.
Deux hôpitaux de fortune ont été mis en place :
- un hôpital sous tente construit par une équipe cubaine,
- une structure modulaire composée de containers installée par une ONG locale.
C’est au sein de ces dispositifs que le GIS intervient.
🩺 Actions menées
Les équipes réalisent des consultations médicales d’urgence et prennent en charge des pathologies variées :
- infections liées à l’eau insalubre,
- déshydratation,
- maladies parasitaires,
- brûlures et gelures,
- traumatismes sévères liés à l’effondrement des bâtiments.
Le dispensaire accueille jusqu’à 350 personnes par jour. L’hôpital enregistre près de 200 consultations quotidiennes. La seconde mission du GIS assure environ 60 consultations par jour.
L’intervention s’effectue en coordination avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autres acteurs humanitaires présents sur place.
⚕ Des soins dans des conditions rudimentaires
Les moyens techniques sont limités. Le bloc opératoire est sommaire et le matériel restreint. Les soins doivent parfois être réalisés avec un équipement minimal.
Les consultations sont organisées dans le respect des usages culturels locaux : une journée est consacrée aux hommes et aux enfants, la suivante aux femmes et aux enfants, toujours avec l’accord des patients.
Malgré la douleur, les blessés font preuve d’une dignité et d’un courage remarquables. L’équipe du GIS est profondément marquée par la résilience de la population.
🔚 Fin de mission
Après dix jours d’intervention intense, la première équipe regagne la France tandis que la seconde poursuit l’action sur le terrain.
La mission restera marquée par des conditions climatiques difficiles, une organisation sanitaire précaire et l’ampleur des destructions.
Au-delà de l’urgence médicale, cette intervention a été une expérience humaine forte, fondée sur la solidarité internationale et l’engagement total des équipes du GIS.es populations touchées et l’engagement total des équipes du GIS.



