Haïti 2010

Haïti – Port-au-Prince

Le 13 janvier 2010, un séisme de magnitude 7,3 frappe la région de Port-au-Prince. En quelques secondes, des milliers de bâtiments s’effondrent et la capitale haïtienne est dévastée.

Face à l’urgence humanitaire, le Groupe d’Interventions et de Secours (GIS) déploie une équipe mixte franco-suisse de dix bénévoles, à dominante médicale. La mission, prévue pour une durée de douze jours, vise à renforcer les structures de soins existantes et à acheminer des unités légères de potabilisation d’eau.


Un déploiement complexe mais rapide

L’équipe quitte Gaillard par voie routière pour rejoindre Paris, puis s’envole vers Saint-Domingue, avec une escale à Pointe-à-Pitre. À son arrivée en République dominicaine, un contretemps logistique complique le transfert vers Haïti. Après coordination avec la logistique internationale UNDAC/OCHA, l’ambassade de France et différents partenaires, l’acheminement est finalement assuré par hélicoptère puis par avion jusqu’à l’aéroport de Port-au-Prince.

Un camp de base est installé à proximité immédiate de l’aéroport.


Engagement au sein d’un hôpital de campagne

Très rapidement, l’équipe devient opérationnelle au sein d’un hôpital de campagne sous commandement américain. Les conditions de sécurité permettent une prise en charge efficace des blessés malgré un rythme particulièrement soutenu.

Une journée marque particulièrement les esprits : 500 blessés graves sont transférés vers l’hôpital de campagne. Beaucoup présentent des traumatismes sévères nécessitant des amputations liées au syndrome d’écrasement (crush syndrome).

L’établissement, doté de 500 lits et de trois blocs opératoires fonctionnant 24h/24, réalise jusqu’à 50 interventions chirurgicales par jour.
Les médecins du GIS assistent les chirurgiens, tandis que les logisticiens participent au tri, au déplacement et à la surveillance post-opératoire des patients.

L’équipe collabore étroitement avec la protection civile portugaise, l’armée américaine et plusieurs ONG internationales.


Nouvelle mission : assistance médicale ciblée

Lorsque la phase d’urgence chirurgicale diminue et que les équipes spécialisées dans la recherche de survivants commencent à quitter le pays, le GIS redéploie son action.

Après coordination avec l’ambassade de France et les responsables des secours français, un nouveau camp de base est installé dans la résidence sécurisée de l’ambassadeur de France.

L’équipe intervient alors :

  • dans les orphelinats pour recenser les pathologies et soigner les enfants blessés,
  • à l’hôpital de DIKINI, situé à 45 minutes du camp de base, prenant en charge près de 400 patients répartis en plusieurs secteurs,
  • dans l’organisation du centre de tri des blessés,
  • dans la distribution de matériel médical au dispositif français ESCRIM installé au Lycée français,
  • dans la mise à disposition d’unités de potabilisation d’eau au profit de la population.

Lors des déplacements à travers la capitale, les équipes constatent l’ampleur de la destruction : quartiers entiers effondrés, infrastructures paralysées, centaines de milliers de personnes à reloger dans des camps provisoires.


Un engagement humain fort

Malgré la fatigue accumulée et la dureté des conditions, l’équipe du GIS poursuit sa mission jusqu’au 26 janvier 2010, date de son retour vers Saint-Domingue puis vers la France.

Cette intervention restera marquée par l’intensité des opérations, la coopération internationale et l’engagement sans faille des bénévoles du GIS face à l’une des catastrophes majeures de ces dernières décennies.

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